Le propre d’une légende c’est de se raconter. C’est mon frère Olivier qui ma raconté celle-ci. Lorsque j’ai vu la vidéo pour la première fois j’ai eu les frissons, la chair de poule et les larmes aux yeux. La totale quoi. Et le pire c’est que ça le fait à chaque fois que je la vois. Paul Pots est devenu une légende en Angleterre et à travers le monde au travers d’Internet. C’est l’histoire d’un timide maladif passionné de chant lyrique qui débarque face à un jury et un public de rapaces. Ils vont le tuer, c’est surs, fusillé des regards avant même qu’il ne prononce ses premiers mots. Et quand il les prononce c’est pour dire qu’il va chanter de l’opéra. Raison de plus pour se faire assassiner en public. Et puis s’élève une voix pleine de sanglots, de doutes, d’amour pour la musique, de rêves cachés pendants des années, de douleur sincére, une voix d’humanité profonde. Une voix qui vous déchire jusqu’à vous tirer des larmes. Paul Pots est une star maintenant.Tout le monde se l’arrache. C’est le début du bonheur pour lui ou bien alors des problèmes, à chacun son sentiment là dessus. Dans tous les cas, je ne sais pas s’il fera mieux que ce moment là. Je ne sais pas s’il atteindra à nouveau un jour, la dimension symbolique de sa prestation de ce jour là, et donc la dimension artistique la plus pure que l’on puisse transmettre. Paul Pots est une légende, racontez-la. Une légende est faite pour circuler librement.
Beaucoup d’articles ont été écrit ces derniers jours sur le projet Hadopi, dont la génèse a été racontée de manière très détaillée cette semaine par le journal Le Point. J’aimerais ajouter deux choses qui ont été peu exprimées. D’abord, le principe de « riposte graduée » avec la mise en place d’une haute autorité, était déjà le principe souhaité par la DADVSI. Son rapporteur Christian Vanneste et le ministre de la culture de l’époque Renaud Donnedieu de Vabres l’appelaient: la « réponse graduée ». Au final le conseil constitutionnel avait invalidé ce principe, c’est quand même que quelque part, il était bien inconstitutionnel. Ensuite, il est bon de rappeler la nature exacte de l’amendement déposé conjointement par Didier Mathus (PS) et Alain Suguenot (UMP) qui avait été voté par les députés avant d’être jeté à la poubelle par le ministre. Cet amendement ne détaillait pas la licence globale, il posait simplement le cadre général de la rémunération des auteurs sur Internet, de manière si pertinente d’ailleurs, qu’il pourrait être présenté à nouveau demain sans en changer une seule ligne. Un jour, nul doute que cet amendement fera loi. Tout le temps passé d’ici là sera perdu pour les revenus des auteurs, mais pas pour ceux des industriels qui, en attendant, tirent profits de leur travail sans les rémunérer, depuis déjà près de dix ans maintenant…
Un article de Paris Match nous révèle les déboires du chanteur de talent Gerald de Palmas. Où comment, dans le système actuel du professionnalisme musical, le hasard des rencontres peut vous propulser en star des médias et millionnaire en vente de disques du jour au lendemain. Mais voilà, il est aussi simple et rapide de vivre l’indifférence des plans médias sur les grandes radios et chaînes de télé. Il suffit pour cela, par exemple, comme Gerald, de se fâcher avec le patron de sa maison de disque en contestant son contrat. Alors bon courage l’artiste, il te restera peut être la solution de mettre ta musique en Creative Commons sur Internet, au moins ton site internet sera mis à jour !
C’est aujourd’hui le bac philo, bon courage Matthieu (il se reconnaîtra) ! Je crois qu’un des sujets du jour était : « L’art transforme-t-il notre conscience du réel ? ». Je ne vais pas m’y risquer ici rassurez-vous, bien que la philo m’ait sauvé à l’époque de mon bac à moi, j’ai eu 15/20 pas trop mal non ? Bon, ne me demandez pas ma note de mathématiques…bref, ceux qui vont passer le bac aujourd’hui n’écoutent plus de la musique ou des chansons, vous avez remarqué, ils écoutent des sons . « Acheter des sons » est une expression que je trouve riche de sens sur ce qu’ils sont. Et pour nous les musiciens, produire des sons que l’on consomme est aussi très riche de sens sur ce que nous sommes. Lire la suite »
Je ne me reconnais pas dans le portrait robot de « l’anarcho-communiste » brossé par Denis Olivennes dans son livre de droite ultralibérale: « la gratuité c’est le vol ». Je ne suis pas un anarchiste, car je pense qu’il est très souvent nécessaire de placer un arbitre sur le terrain. Et je ne suis pas un communiste, car je ne suis pas, par exemple, pour que les auteurs de chansons deviennent des salariés. Je suis dans le camps des réformateurs et des régulateurs des désordres sociaux et économiques, et c’est par la loi que l’on réforme et que l’on régule. La toile n’est pas et ne sera jamais un espace de non droit. Il existera simplement un droit spécifique au cyber espace et aux biens numériques assurant à la fois la liberté d’expression, de partage culturel et de commerce. Voici donc à qui je couperais volontiers les têtes “mais sans penser à mal” comme aurait dit le génial Bobby Lapointe (qui est mort sans le sou, abandonné par sa maison de disque).
Le 5 juin l’Union des Producteurs phonographiques Français Indépendants (UPFI) a choisit son nouveau président : Vincent Frèrebeau. Comme à la SACEM, il s’agit de faire en sorte que rien ne change. Les derniers gros labels indépendants, qui pour la plupart, ne le sont pas, puisqu’ils sont distribués par des Majors , sont en mode survie. Il s’agit pour eux de fermer la porte derrière eux, de caresser leurs distributeurs dans le sens du poil, d’utiliser les mêmes ficelles marketing, tout en donnant une image d’artisans. Monsieur Frèrebeau, le nouveau président, est l’archétype du jeune branché conservateur idéal . Fer de lance du combat d’arrière garde contre l’émancipation des musiciens par la toile, déjà président des Victoires de la musique où il a pris bien soin de ne rien changer au mode de scrutin qui favorise les Majors, il va se lancer dans la croisade de l’Hadopi avec force et vigueur aux côtés de ses amis de Warner sans qui sa société n’existerait pas, tout simplement. Voilà comment celui qui devrait logiquement défendre une autre vision de la musique que celle du conditionnement marketing des majors, qui devrait se réjouir du nouveau potentiel de promotion que constitue le partage libre des œuvres sur la toile, va lutter contre l’intérêt des vrais indépendants avec la bénédiction de tout le monde, un comble…
Je souhaite diffuser cet article de Numerama qui expose de manière claire les arguments juridiques des opposants à la loi Hadopi. Merci à Guillaume Champeau, qui je le rappelle est juriste de formation, pour cet excellent travail.
Société 2.0 -
La loi Hadopi, rebaptisée “Loi Création et Internet”, prévoit de mettre en place une Haute Autorité chargée d’avertir d’abord et de sanctionner ensuite les internautes qui ne respecteraient pas les droits d’auteur sur Internet. Selon un sondage réalisé récemment par l’industrie, 74 % des Français seraient favorables à ce système de riposte graduée plutôt qu’à la loi actuelle. Numerama liste 10 raisons non exhaustives pour lesquelles il est impératif de rejeter la loi Hadopi. Piratez-les sur votre blog, sur les forums et dans vos mails ! Lire la suite »
Je souhaite reproduire ici en intégralité ce communiqué lu ce matin sur le site du député européen Guy Bono. Au parlement européen, la riposte graduée qui était passé par à la trappe le 10 avril dernier, tente de revenir par la fenêtre. http://www.guy-bono.fr/article/articleview/7992/1/1378/
Guy Bono et les socialistes s’inquiètent devant l’adoption d’amendements liberticides dans le cadre des avis de la commission CULT du Parlement Européen sur le paquet Telecom. S’ils se félicitent du retrait de la proposition Mavromatis de légaliser les logiciels espions, les eurodéputés socialistes fustigent la réintroduction du principe de risposte graduée et s’alarme de l’adoption d’un amendement niant le droit du public à diffuser du contenu sur les réseaux électroniques. Lire la suite »